L’occupation des sols reflète les caractéristiques géologiques et climatiques auxquelles est soumis naturellement le territoire, ainsi que l’influence des activités humaines mises en place sur le territoire régional. En Centre-Val de Loire, l’espace est majoritairement dédié aux activités agricoles. Mais la tendance actuelle est à la régression de ces espaces au profit de l’urbanisation et de l’accroissement des territoires forestiers. L'Observatoire présente les tendances dans cet indicateur d'évolution d'occupation des sols et des prairies.
Milieu agricole en touraine ©L. Roger-Perrier
L’occupation du sol est « la couverture (bio-)physique de la surface des terres émergées » (FAO, 1998), soit la caractérisation de l’usage que l’humain fait - ou non - des terres.
L’évolution de l’occupation du sol reflète donc celle de l’activité humaine, des paysages et de la biodiversité qui y est liée. Fruit de l’aménagement et de l’organisation de l’espace, l’occupation du sol illustre les choix de développement effectués en Centre-Val de Loire. Elle constitue un important enjeu de gestion de la ressource « sol », qui est une ressource « finie ».
La fragmentation des milieux naturels et leur destruction est la première cause d’effondrement de la biodiversité. Les constructions d’habitats, zones commerciales ou d’activités, les réseaux routiers, autoroutiers et ferroviaires, mais aussi les lumières nocturnes qui découlent de ces nouveaux espaces artificialisés, morcellent les espaces naturels en de plus petites entités déconnectées les unes des autres.
Cette déconnexion a plusieurs effets sur la biodiversité :
Il est alors primordial, pour tout projet d’aménagement, de minimiser l’impact en préservant les corridors écologiques, et de maintenir ainsi une trame verte (haies, arbres), bleue (continuité des cours d’eau), noire (absence d’éclairage nocturne), brune (sols non artificialisés) et blanche (absence de pollution sonore).
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Terres arables = cultures temporaires
STH des exploitations = surfaces toujours en herbes d'usage agricole, désignent les prairies permanentes
STH hors exploitations = terrains de sport, aires de jeux, parcs...
de surfaces agricoles utilisées
dont :
de terres arables
de prairies permanentes
Données de la statistique agricole annuelle, 2024
Corine land cover est mis à jour tous les 6 ans. La prochaine édition sera disponible à compter du second semestre 2026.
Le Centre-Val de Loire est une région continentale au relief peu marqué.
Presque 2/3 de la région est composé de milieux agricoles (entre terres arables, prairies, vergers), les grands massifs forestiers couvrent 28 % du territoire, et 6 grandes vallées fluviales jouent un rôle très important car permettent des zones de transit donc riche en biodiversité. La région est caractérisée par 2 vastes zones humides, la Brenne (identifiée en site RAMSAR) et la Sologne. D'autres secteurs sont de grande richesse comme les zones bocagères du Boischaut Sud et de la Marche et la vallée du Cher, secteur calcicole le plus riche en terme de flore et de papillons notamment.
des milieux menacés sont humides
Les prairies humides sont particulièrement menacées par le changement d'affectation des sols, le drainage et les apports d'engrais car les prairies les plus riches en espèces végétales (et pollinisateurs associés) sont celles les plus pauvres en éléments nutritifs. Les prairies des vallées humides peuvent être remplacées par des plantations de peupleraies, les tourbières drainées, ou converties en étang de loisirs.
Les landes sèches ou humides sont aussi en fort déclin, essentiellement par la perte d'élevage extensif, qui entretenait les milieux par pâturage. Il est probable que plus des 3/4 aient disparues depuis l'après-guerre essentiellement par boisement (plantation de pins notamment dans les landes de Touraine). Ces milieux sont les habitats d'espèces thermophiles comme les reptiles, ou les oiseaux comme la Fauvette pitchou.
La perte d'habitat ouvert par boisement concerne également les pelouses calcicoles ou sablo-calcaires.
L'étalement urbain et la fragmentation des milieux conduisent à un mitage de ces espaces naturels, déconnectant les milieux entre eux, impactant leur fonctionnalité et les services fournis.
Et bien sûr, les pollutions terrestres, atmosphériques et aquatiques dégradent également ces milieux en diminuant par exemple la qualité de l'eau (impactant le cycle de vie des animaux mais aussi des végétaux : disparition des herbiers aquatiques et des espèces en dépendant).
L'ensemble des milieux ouverts et semi-naturels sont menacés. Les massifs forestiers sont mieux portant à l'exception notable des boulaies pubescentes (associées aux tourbières) et des aulnaies-frênaies (associées aux cours d'eau).
des espèces végétales menacées en région sont inféodées aux habitats agropastoraux
de déclin des papillons de prairie à l'échelle européenne de 2010 à 2020
Les données utilisées sont issues de la statistique agricole annuelle et fournies par la DRAAF Centre-Val de Loire. L'export date d'octobre 2025.
Si les surfaces agricoles utiles ont légèrement diminué par département, il n'en reste pas moins une réelle augmentation des surfaces toujours en herbe. Les graphiques et cartographies ci-après, illustrent cette augmentation.
Définitions :
augmentation des surfaces en prairies temporaires
augmentation des surfaces en prairies permanentes
La surface prairiale régionale a augmenté depuis les années 2010, notamment du fait de l'augmentation des surfaces de prairies artificielles (culture annuelle de légumineuses fourragères) : de 12 262 ha en 2010, ces dernières sont recensées à 48 170 ha en 2024, soit près de 36 000 ha en plus. Cela peut s'expliquer par des incitations à la production de légumineuses, dont des aides spécifiques et l'éco-régime de la politique agricole commune, ainsi que par la répétition d'années sèches et d'étés caniculaires, qui entrainent une baisse de la productivité des surfaces fourragères. Il est ainsi observé une tendance à diminuer le maïs ensilage au sein des exploitations d'élevage (- 17 % des surfaces depuis 2010), au profit des surfaces en prairies temporaires, qui ont connu un essor de 17 % sur la même période. Dans un contexte d'augmentation du prix des aliments du bétail, l'autonomie alimentaire des élevages est de plus en plus recherchée par les exploitations, les rations à base de maïs ensilage étant associées à la consommation d'aliments concentrés fabriqués à l'extérieur. Les élevages régionaux sont en phase d'extensification (baisse du chargement moyen) et avec une sécurisation de la production fourragère pour tenter de limiter l'impact des aléas climatiques qui se multiplient.
de la SAU est composé de prairies*
*(permanentes + temporaires + artificielles + pâturages pauvres)
de prairies*
*(permanentes + temporaires + artificielles + pâturages pauvres)
de prairies permanentes*
*prairies naturelles ou semées depuis plus de 5 ans
Les données à la parcelle ne sont disponibles que depuis 2015 dans les déclarations PAC, les données de 2010 ne peuvent être cartographiées de manière aussi précise. Cela explique le pas de temps de comparaison différent entre la cartographie et les données brutes.
L’évolution à la hausse des surfaces en prairies est une partie de la stratégie d'adaptation des exploitations pour la résilience et l’autonomie des exploitations d’élevage de la région. Les variations climatiques et les épisodes de sécheresse vont en effet s’accentuer au fil des années futures, il est donc important que les éleveurs et éleveuses puissent assurer une alimentation locale de leur bétail.
Ces données n’indiquent pas cependant le potentiel écologique des prairies : la composition végétale florale n’est pas renseignée dans les déclarations PAC aussi, il n’est pas possible de lier l’augmentation des surfaces en prairies avec une potentielle augmentation des ressources alimentaires pour les pollinisateurs sauvages. Toutefois, les surfaces concernées par l’augmentation étant essentiellement des surfaces de prairies artificielles (culture annuelle de légumineuse), ou temporaires (culture d’une durée de moins de 5 ans), l’enjeu de l’augmentation des prairies permanentes non traitées et non fertilisées pour conserver la flore et la faune sauvage, reste d’actualité pour notre territoire régional.
Dans cette optique de préservation des pollinisateurs domestiques et sauvages, le plan régional d’actions en faveur des pollinisateurs, animé par Hommes et Territoires et la Société d’études, de protection et d’aménagement de la nature en Touraine, prévoit des actions de sensibilisation autour de la promotion de pratiques alternatives et du concours prairies fleuries (nouvellement prairies et parcours). Ce dernier est notamment animé par le PNR Brenne en région, avec un réseau d’agriculteurs et d’agricultrices engagé·es dans une démarche d'amélioration de la richesse florale de leurs prairies. Le CEN Centre-Val de Loire, dans le cadre du programme Pasto’Loire déploie aussi des actions de gestion liées aux prairies humides pour accompagner les éleveur·ses dans la fauche et le pâturage de ces milieux spécifiques. Le réseau des gestionnaires de milieux naturels fournit également des clés de gestion que ce soit pour les milieux humides ou secs.
La multiplication des sources de données concernant l'occupation des sols : statistique agricole annuelle (SAA), registre parcellaire graphique (RPG), Corine land cover, et plus récemment l'occupation des sols à grande échelle, mais aussi les changements de méthodologie, rendent ardue la comparaison au fil des ans
Le RPG n'est disponible au format cartographique que depuis 2015 aussi la cartographie présentée diffère des graphiques issues des données brutes.
Concernant la statistique agricole annuelle, celle-ci reposait jusque-là sur Teruti, mais la bascule attendue pour utiliser à la place l'occupation des sols à grande échelle menace les séries chronologiques car les nomenclatures entre les deux sources de données diffèrent.
Le délai de mise à jour de Corine land cover (6 ans a minima) et son imprécision (25 ha via la télédétection par satellite) le rend inadéquate pour l'illustration de dynamiques chiffrées : seule l'application carte est adaptée.
Toutes ces particularités expliquent la difficulté, voire l'impossibilité, de présenter des évolutions et d'avoir un suivi historique.
*Le groupe de travail de l'Observatoire est constitué des 3 co-pilotes (Région, OFB et DREAL) et des 3 pôles Faune, Flore & habitats et Gestion des milieux naturels.
Milieu agricole en touraine ©L. Roger-Perrier
Animatrice de l'Observatoire
Agence régionale de la biodiversité Centre-Val de Loire (ARB CVL)
Idée d'action
Pare-vent, ombrage, corridor pour la faune, rétention du sol contre le ruissellement, abri pour les auxiliaires des cultures... Les haies ont de nombreux atouts pour l'agriculture.
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L'agriculture biologique assure une production menée sans produit phytosanitaire de synthèse, ni engrais minéraux. Son intérêt pour la biodiversité est grand. Par cet indicateur de suivi, l'Observatoire rend compte des tendances régionales de...
Dossier thématique
Biodiversité et agriculture sont interdépendantes depuis des milliers d’années. Alors que l’agriculture peut jouer un rôle positif pour la biodiversité, les modes de production agricole des cinquante dernières années ont dégradé l’état de la...
Acteur
Service déconcentré de l'État relevant du ministère chargé de l’agriculture, en région Centre-Val de Loire.
Retour d'expérience
Quand éleveurs, éleveuses, botanistes et animatrice CIVAM (centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural), travaillent ensemble pour préserver la biodiversité des prairies naturelles en Boischaut Sud
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C’est lors du séminaire interne sur la thématique « Biodiversité et agriculture » en 2021, que l’idée d’un projet volontariste sur la réintégration de la biodiversité en secteur agricole a émergé et fait consensus entre les 22 membres du collectif de...