Animation à l’échelle du bassin versant du Puchenin (37) pour limiter le ruissellement et améliorer la qualité de l’eau Première Zone Tampon Humide Artificielle (ZTHA) du Bassin versant du Puchenin, à Sainte-Catherine-de-Fierbois (37) © J. Clair, CPIE Val de Gartempe
Informations générales
Année de réalisation
2015-2026
  • Porteur de projet
    Syndicat de rivières Val de Vienne
  • Type de structure
    Agriculteurs, Collectivités
  • Localisation
    Sainte-Catherine-de-Fierbois
  • Type d'action
    Protéger / Préserver / Améliorer
  • Budget
    Coût moyen des projets : ZTHA : 10 000 €/1 000 m²; Agroforesterie : 2 000 €/ha; Haies : 1 000 €/100 ml
  • Dispositifs associés
    Territoires engagés pour la nature, Solutions d'adaptation fondées sur la Nature, Cellule de gestion des milieux aquatiques (CERCAT)
  • Jonathan Leprout (SRVV) et Alan Méheust (ARB)
  • Démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer les effets préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Pour les systèmes naturels, l’intervention humaine peut faciliter l’adaptation au climat attendu ainsi qu’à ses conséquences (GIEC).
  • suspension de particules dans un gaz
  • pouvoir réfléchissant d’une surface
  • basiques, le contraire d'acides
  • dépôt sédimentaire transporté par les eaux d’un cours d’eau (gravier, sable, argile…)
  • coléoptères ravageurs des crucifères (colza, choux).
  • qui disséminent leurs grains de pollen grâce au vent
  • cavités profondes et irrégulières
  • désigne un sol cultivé en agriculture
  • période sévère de basses eaux
  • Intervention humaine visant à réduire les sources ou à renforcer les puits de gaz à effet de serre (GIEC).
  • organisme vivant (insectes, oiseaux, mammifères, champignons, bactéries et autres microorganismes…) qui, par son action naturelle, aide le développement des plantes cultivées
  • ensemble des espèces d'oiseaux d'une région donnée
  • remblais de terres et de graviers le long d'un cours d'eau, qui permettent de former les méandres (virages)
  • En biologie, ensemble de la matière organique d'origine végétale, animale, bactérienne ou fongique.
  • processus d'innovation et ingénierie qui s'inspire des formes, matières, propriétés, processus et fonctions du vivant
  • dont la coquille est formée de deux valves, reliées par une charnière, un ligament corné flexible et un ou deux muscles > par exemple chez les coques, moules, palourdes, pétoncles, huîtres, couteaux, coquilles Saint-Jacques...
  • sur des sols calcaires
  • matière naturelle qui compose la carapace des insectes (se prononce [ki.tin])
  • moyenne des conditions météorologiques sur une longue période (30 ans)
  • phénomène physique à l’origine d’échange de chaleur via un fluide
  • montées soudaines du niveau d'eau dans un cours d'eau
  • qualifie un organisme aquicole vivant et se reproduisant en eau douce
  • petites particules circulaires et minces qui ornent la surface supérieure du corps
  • Arrêt du remplissage du grain de blé lors de sa phase de maturation à cause de trop grandes chaleurs (canicule). Cela a pour effet de diminuer le poids du grain et donc le rendement.
  • étude scientifique du comportement animal principalement en milieu naturel
  • niveler, lisser
  • les ailes dures qui recouvrent l’abdomen d'insectes comme les coléoptères
  • obstruction du lit d'un cours d'eau
  • période où le niveau d'eau d'un cours d'eau est le plus bas
  • accumulation excessive de nutriments au sein d'un écosystème aquatique.
  • le cumul des expositions à des facteurs environnementaux (c'est-à-dire non génétiques) que subit un organisme, de sa conception à sa fin de vie, en passant par le développement in utero, complétant l'effet du génome
  • épanchements de liquide organique
  • types différents d'écoulement présents dans un cours d'eau (rapides, plats, radiers, mouilles)
  • action de couper et enlever les plantes aquatiques des rivières ou des étangs
  • Cours d'eau se jetant directement dans la mer, quelle que soit son importance
  • Phénomène artificiel de morcellement de l'espace (définition de l'Insee)
  • période de reproduction des poissons
  • lieux aquatiques où se reproduisent les poissons et les amphibiens et par extension les mollusques et les crustacés - l'endroit où les femelles déposent leurs œufs
  • une zone de gagnage est un endroit utilisé par des animaux sauvages pour se nourrir
  • Qui concerne la répartition selon leur diamètre, des particules des roches, sables, et graviers.
  • Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) sur le sol, regroupant les ministères de l’agriculture et de l’environnement, l’OFB, l’INRAE, l’IGN, le BRGM, l’ADEME et l’IRD a pour mission de compiler et traiter les informations sur les sols relative à leur inventaire, leur conservation, leur analyse et leur qualité.
  • Plante qui vit dans la vase mais dont les feuilles sont au-dessus de la ligne de flottaison : l'appareil végétatif et reproducteur est totalement aérien.
  • qui possède les organes reproducteurs des deux sexes
  • mouvement, distribution et qualité de l'eau
  • qui se base sur l'étude du relief du cours d'eau
  • Plante semi-aquatique qui nécessite d'avoir les racines mouillées. Elle a un absolu besoin de vivre dans l'eau et non seulement en milieu humide.
  • Plante issue de lieux humides et parfois temporairement inondés. Elle peut vivre en milieu terrestre.
  • à propos d'un flux, qui se dirige vers un système avec lequel il va interagir
  • Espèce qui est liée très fortement à cet organisme ou ce milieu et qui peut difficilement vivre sans celui-ci
  • rayonnements électromagnétiques d’une longueur d’onde supérieure à celle de la lumière, ne leur permettant pas d’être visibles.
  • qui sont faites de bois ou qui ressemblent à du bois
  • qui mangent la lignine, principal composant du bois avec la cellulose et l'hémicellulose
  • feuilles mortes, aiguilles, branches, fruits, mousses que composent les premiers centimètres sur le sol
  • variations artificielles du niveau d'eau d'un plan d'eau, d'une voie navigable ou d'une retenue exploitée
  • le temps qu'il fait à un instant et à un endroit donnés
  • Urbanisation dispersée (habitat individuel, bâtiments agricoles, etc.) dans des espaces demeurés naturels, agricoles ou forestiers.
  • Petite protubérance en forme de boule au niveau des racines des plantes, développée sous l'action d'une symbiose entre la plante et des bactéries fixatrices d'azote. Les racines des légumineuses (pois, fèves, trèfles) en sont garnies.
  • Petites protubérances en forme de boules au niveau des racines des plantes, développées sous l'action d'une symbiose entre la plante et des bactéries fixatrices d'azote. Les racines des légumineuses (pois, fèves, trèfles) en sont garnies.
  • seuils, radiers de pont, passages busés, barrages, etc. qui sont de nature à altérer la migration des espèces aquatiques, ainsi que la diversité et la qualité des habitats naturels disponibles (définition de l'Insee)
  • Plus vaste écozone du globe terrestre, elle regroupe l’Europe, l’Asie du nord, l’Afrique du nord et une petite partie du Moyen-Orient.
  • relatifs aux marais
  • Un peuplement forestier se caractérise par un mode de renouvellement des arbres (régénération naturelle ou artificielle), par un régime (futaie, taillis, taillis sous futaie), par la structure (âge des arbres) et par la répartition des différentes essences d’arbres.
  • Étude de l'évolution des phénomènes cycliques de la vie des plantes (germination, floraison...) et des animaux (migration, hibernation...) en fonction des variations climatiques.
  • durée quotidienne de la lumière du jour
  • Processus par lequel les plantes fabriquent des sucres et de l'oxygène à partir de la lumière et du CO2
  • végétaux communément appelés roseaux, genre de plantes herbacées de la famille des Poaceae
  • Un protocole expérimental désigne l'ensemble des étapes et des règles à respecter pour mener une expérience scientifique.
  • Action qui consiste à remettre le cours d’eau dans une configuration plus naturelle, en recréant ses anciens méandres ou en créant un nouveau tracé avec des profils variés
  • Linéaire d'arbres en bordures de cours d'eau
  • Combinaison de la probabilité d’une inondation et des conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique associées à une inondation.
  • Cours d’eau moyennement important, alimenté en eau par d’autres cours d’eau (affluents) et confluant avec un cours d’eau de plus grande importance
  • Petit cours d'eau peu profond, au débit modéré
  • se dit d'un organisme qui réalise tout ou une partie de son cycle de vie dans le bois en décomposition, ou des produits de cette décomposition.
  • se dit d'organismes qui réalisent tout ou une partie de leur cycle de vie dans le bois en décomposition, ou des produits de cette décomposition.
  • processus selon lequel des particules de matières se déposent en couches
  • ensemble de particules en suspension dans l'eau, l'atmosphère ou la glace, qui a finit par se déposer sous l'effet de la pesanteur souvent en couches ou strates successives
  • groupes d'espèces
  • méthodes limitant le travail du sol
  • micro-formes en buttes ou en mottes plus ou moins arrondies, de 40 centimètres à plus d'un mètre de haut
  • trouble, mêlé de particules en suspension rendant la matière opaque
  • Capacité d'une entreprise à générer de la richesse par son cycle de production
  • millième de millimètre

Contexte du projet

Portée par le Syndicat de rivière Val de Vienne, la démarche s'implante sur le bassin versant de la Manse et plus particulièrement sur le sous-bassin pilote du Puchenin (400 ha), à Sainte-Catherine-de-Fierbois (37), marqué par une dominante de grandes cultures. En raison de sols argileux et d'une faible capacité d'infiltration naturelle, et drainés à 50 % de la surface totale du bassin, les épisodes de précipitations y déclenchent d'importants ruissellements qui entraînent de l'érosion (majoritairement des sols arables), des coulées de boue et le transfert de produits phytosanitaires vers les cours d'eau. 

Face à ces enjeux de qualité de l'eau et de gestion des flux, le syndicat met en œuvre une stratégie à l'échelle du bassin versant combinant animation de long terme auprès du monde agricole, des propriétaires et des communes et aménagement de Zones Tampons Humides Artificielles (ZTHA) et de linéaires végétaux pour ralentir l'eau et favoriser sa décantation dès l'amont.

Objectifs

  • limiter le ruissellement et les transferts de produits phytosanitaires et de matières en suspension vers le cours d’eau
  • intercepter et ralentir l’eau au plus près des parcelles, le plus en amont possible
  • reproduire la démarche sur l’ensemble du bassin versant
  • associer agriculteur·rices, propriétaires et élu·es à la construction des projet

Publics cibles

  • Collectivités
  • Syndicats de rivières
  • Agriculteur·rices
  • 11

    années d'animation

  • 19 000 m²

    de Zone Tampon Humides Artificielles (ZTHA) Aménagées

  • 21

    hectares de parcelles en agroforesterie

Pas à pas

Diagnostics et études

Dès 2015, un diagnostic sur 400 ha, mené avec l'aide de la Chambre d'agriculture d'Indre-et-Loire, a repéré les zones sensibles aux pollutions, aux ruissellements, et à l'érosion de sol sur le bassin versant, et un bureau d’études a précisé les sites d’implantations des actions, les caractéristiques (potentiel écologique, imperméabilité des sols, terrassements, capacités des projets…) et la compatibilité avec les captages. 

Carte de prélocalisation des aménagements proposés après étude ©SRVV
Carte de prélocalisation des aménagements proposés après étude ©SRVV

Gouvernance et animation

Dès 2015, le syndicat a associé tous les partenaires dans un comité de pilotage et organisent des réunions et visites régulières associant agriculteur·rices, propriétaires, élu·es, partenaires techniques/financiers. Cette animation est pleinement active depuis 2020 et permet tous les ans de mettre en œuvre, pas à pas les aménagements.

Journée technique sur le terrain ©SRVV
Journée technique sur le terrain ©SRVV

Mise en place du cadre opérationnel

  • Anticipation de la procédure de Déclaration d’Intérêt Général, dès 2019 pour intervenir sur le foncier privé rapidement 
  • Signature des Contrats territoriaux avec l’agence de l’eau Loire-Bretagne pour 2020–2022 puis 2023–2025. 

Réalisation des aménagements

La démarche privilégie la réalisation progressive d’actions diversifiées et complémentaires de rétention et d’infiltration, mises en place au gré des opportunités locales et de la concertation avec les acteurs :

  • Zones tampons humides artificielles (ZTHA), dont un site démonstrateur public visible depuis une route départementale, aménagé dès 2016. En 2026, 19 000 m² de ZTHA ont été aménagés sur l’ensemble du bassin versant, avec une quinzaine de projets. 
  • Création de mares et adaptation de fossés (élargissement, apport de granulats pour diversifier les écoulements, déversoirs). 
  • Talus, fascines et dispositifs de ralentissement des eaux de ruissellement perpendiculaires à la pente.
  • Mise en place de haies (2,5 km) et de projets agroforestiers (21 ha) avec les exploitants, complétés par des changements de pratiques agricoles.

Suivi du projet

  • Le suivi repose sur des réunions annuelles à l’échelle du bassin versant et par des visites de terrain avec les agriculteurs.
  • Des observations qualitatives (eau plus claire, moins chargée en matières en suspension en sortie de zones tampons) peuvent permettre d’ajuster les pratiques. 
  • Un suivi instrumenté reste à développer, afin de consolider l’évaluation globale (nombre et surfaces d’ouvrages, volumes gérés, effets sur matières en suspension (MES), les produits phytopharmaceutiques et les indicateurs biologiques).
  • Les premiers suivis biologiques n’ont pas établi de lien direct de causalité entre les travaux de restauration réalisés et l’évolution biologique du cours d’eau, mais « ces travaux ne peuvent qu’améliorer le fonctionnement écologique du Puchenin […] avec un fonctionnement écologique qui est par ailleurs renforcé lors des années hydrologiquement plus favorables ».
Suivis biologiques réalisés sur le ru de Puchenin à Sainte-Catherine-de-Fierbois (37) © SRVV, SARL RIVE
Suivis biologiques réalisés sur le ru de Puchenin à Sainte-Catherine-de-Fierbois (37) © SRVV, SARL RIVE

Bilan

Résultats

  • Les ouvrages ont des effets visibles de décantation et d’infiltration, confirmant l’intérêt des Mesures Naturelles de Rétention des Eaux (MNRE) et des zones tampons artificielles (ZTHA).
  • La majorité des projets sont de petite taille, mais leur accumulation sur l’ensemble du bassin versant construit une réponse durable face au ruissellement. L’efficacité globale dépend du maillage à plus grande échelle.

     

Facteurs clés

  • Un sous-bassin pilote de 400 ha, représentatif et à taille humaine, facilitant le suivi.
  • Des sites démonstrateurs publics et visibles, utilisés comme vitrines pour convaincre élu·es et agriculteur·rices.
  • Une animation territoriale continue, avec réunions, visites et échanges entre pairs.
  • Un cadre sécurisé : Déclaration d’Intérêt Général, contrats territoriaux et appui technique (bureau d’étude et IRSTEA) pour le dimensionnement.

Conseils

  • Démarrer par un site public démonstrateur, puis essaimer sur les parcelles privées.
  • Dimensionner les ouvrages à partir de données locales (sols, pentes, captages).
  • Anticiper la temporalité : compter trois ans pour la pleine efficacité végétale et prévoir des délais d’accès au foncier et aux financements.
  • Combiner ouvrages hydrauliques, génie végétal et évolution des pratiques agricoles, pour une cohérence d’ensemble.
  • Engager une animation sur le long terme avec des visites, des échanges entre pairs...
  • Des accompagnements personnalisés des propriétaires sont indispensables.

     

Perspectives

  • Densifier le maillage d’ouvrages sur le bassin versant du Puchenin, avec un focus sur les secteurs amont.
  • Essaimer la démarche sur d’autres sous-bassins du syndicat.
  • Renforcer le suivi pour objectiver les résultats et préparer la montée en puissance après 2026.

Le témoignage complet lors de notre webinaire

Retrouvez le témoignage complet de Jonathan Leproult du Syndicat de rivières Val de Vienne (SRVV), sur l'animation des actions sur le bassin du Puchenin, avec le replay de notre webinaire A l'heure de la biodiv'. Dans le cadre de notre cycle sur le "parcours de l'eau", ce retour d'expérience a permis d'illustrer la multitude d'actions possibles pour contrer le ruissellement en milieu rural, pour compléter les aspects théoriques présentés par Pascale Larmande, Animatrice "Solutions fondées sur la Nature "(SfN) à L'Agence régionale de la biodiversité.

Partenaires

Communes
Agriculteur·rices
Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire
IRSTEA
Fédération départementale des Chasseurs 37
Agence de l’eau Loire-Bretagne
Région Centre-Val de Loire
Département d'Indre-et-Loire

Première Zone Tampon Humide Artificielle (ZTHA) du Bassin versant du Puchenin, à Sainte-Catherine-de-Fierbois (37) © J. Clair, CPIE Val de Gartempe

Contact
Pascale LARMANDE

Animatrice territoriale sur les Solutions d'adaptation fondées sur la Nature

Agence régionale de la biodiversité Centre-Val de Loire (ARB CVL)

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