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Micropollutions, macro-problèmes, solutions à grande échelle ! Nénuphars et myriophylles dans l'Anglin à Mérigny, Indre ©N. Van Ingen
Informations générales
Date de l'actualité
15 oct .26
  • Type d'événement
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  • Démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer les effets préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Pour les systèmes naturels, l’intervention humaine peut faciliter l’adaptation au climat attendu ainsi qu’à ses conséquences (GIEC).
  • suspension de particules dans un gaz
  • pouvoir réfléchissant d’une surface
  • basiques, le contraire d'acides
  • dépôt sédimentaire transporté par les eaux d’un cours d’eau (gravier, sable, argile…)
  • coléoptères ravageurs des crucifères (colza, choux).
  • qui disséminent leurs grains de pollen grâce au vent
  • cavités profondes et irrégulières
  • désigne un sol cultivé en agriculture
  • période sévère de basses eaux
  • Intervention humaine visant à réduire les sources ou à renforcer les puits de gaz à effet de serre (GIEC).
  • organisme vivant (insectes, oiseaux, mammifères, champignons, bactéries et autres microorganismes…) qui, par son action naturelle, aide le développement des plantes cultivées
  • ensemble des espèces d'oiseaux d'une région donnée
  • remblais de terres et de graviers le long d'un cours d'eau, qui permettent de former les méandres (virages)
  • En biologie, ensemble de la matière organique d'origine végétale, animale, bactérienne ou fongique.
  • processus d'innovation et ingénierie qui s'inspire des formes, matières, propriétés, processus et fonctions du vivant
  • dont la coquille est formée de deux valves, reliées par une charnière, un ligament corné flexible et un ou deux muscles > par exemple chez les coques, moules, palourdes, pétoncles, huîtres, couteaux, coquilles Saint-Jacques...
  • sur des sols calcaires
  • matière naturelle qui compose la carapace des insectes (se prononce [ki.tin])
  • moyenne des conditions météorologiques sur une longue période (30 ans)
  • phénomène physique à l’origine d’échange de chaleur via un fluide
  • montées soudaines du niveau d'eau dans un cours d'eau
  • qualifie un organisme aquicole vivant et se reproduisant en eau douce
  • petites particules circulaires et minces qui ornent la surface supérieure du corps
  • Arrêt du remplissage du grain de blé lors de sa phase de maturation à cause de trop grandes chaleurs (canicule). Cela a pour effet de diminuer le poids du grain et donc le rendement.
  • étude scientifique du comportement animal principalement en milieu naturel
  • niveler, lisser
  • les ailes dures qui recouvrent l’abdomen d'insectes comme les coléoptères
  • obstruction du lit d'un cours d'eau
  • période où le niveau d'eau d'un cours d'eau est le plus bas
  • accumulation excessive de nutriments au sein d'un écosystème aquatique.
  • le cumul des expositions à des facteurs environnementaux (c'est-à-dire non génétiques) que subit un organisme, de sa conception à sa fin de vie, en passant par le développement in utero, complétant l'effet du génome
  • épanchements de liquide organique
  • types différents d'écoulement présents dans un cours d'eau (rapides, plats, radiers, mouilles)
  • action de couper et enlever les plantes aquatiques des rivières ou des étangs
  • Cours d'eau se jetant directement dans la mer, quelle que soit son importance
  • Phénomène artificiel de morcellement de l'espace (définition de l'Insee)
  • période de reproduction des poissons
  • lieux aquatiques où se reproduisent les poissons et les amphibiens et par extension les mollusques et les crustacés - l'endroit où les femelles déposent leurs œufs
  • une zone de gagnage est un endroit utilisé par des animaux sauvages pour se nourrir
  • Qui concerne la répartition selon leur diamètre, des particules des roches, sables, et graviers.
  • Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) sur le sol, regroupant les ministères de l’agriculture et de l’environnement, l’OFB, l’INRAE, l’IGN, le BRGM, l’ADEME et l’IRD a pour mission de compiler et traiter les informations sur les sols relative à leur inventaire, leur conservation, leur analyse et leur qualité.
  • Plante qui vit dans la vase mais dont les feuilles sont au-dessus de la ligne de flottaison : l'appareil végétatif et reproducteur est totalement aérien.
  • qui possède les organes reproducteurs des deux sexes
  • mouvement, distribution et qualité de l'eau
  • L’hydromorphologie c’est l’étude de la morphologie des cours d'eau (nature du sol, débit, pente, granulométrie du fond, etc.) des cours d’eau, fleuves et rivières, et notamment l’évolution des profils en long et en travers et du tracé planimétrique. <br />L’hydromorphologie c’est aussi l’étude des caractéristiques physiques naturelles des rivières et de leurs annexes hydrauliques (les variations de profondeur, de courant, la structure et la politique d’entretien et d’aménagement de ces rivières et fleuves).
  • Plante semi-aquatique qui nécessite d'avoir les racines mouillées. Elle a un absolu besoin de vivre dans l'eau et non seulement en milieu humide.
  • Plante issue de lieux humides et parfois temporairement inondés. Elle peut vivre en milieu terrestre.
  • à propos d'un flux, qui se dirige vers un système avec lequel il va interagir
  • Espèce qui est liée très fortement à cet organisme ou ce milieu et qui peut difficilement vivre sans celui-ci
  • rayonnements électromagnétiques d’une longueur d’onde supérieure à celle de la lumière, ne leur permettant pas d’être visibles.
  • qui sont faites de bois ou qui ressemblent à du bois
  • qui mangent la lignine, principal composant du bois avec la cellulose et l'hémicellulose
  • feuilles mortes, aiguilles, branches, fruits, mousses que composent les premiers centimètres sur le sol
  • variations artificielles du niveau d'eau d'un plan d'eau, d'une voie navigable ou d'une retenue exploitée
  • le temps qu'il fait à un instant et à un endroit donnés
  • Urbanisation dispersée (habitat individuel, bâtiments agricoles, etc.) dans des espaces demeurés naturels, agricoles ou forestiers.
  • Petite protubérance en forme de boule au niveau des racines des plantes, développée sous l'action d'une symbiose entre la plante et des bactéries fixatrices d'azote. Les racines des légumineuses (pois, fèves, trèfles) en sont garnies.
  • Petites protubérances en forme de boules au niveau des racines des plantes, développées sous l'action d'une symbiose entre la plante et des bactéries fixatrices d'azote. Les racines des légumineuses (pois, fèves, trèfles) en sont garnies.
  • seuils, radiers de pont, passages busés, barrages, etc. qui sont de nature à altérer la migration des espèces aquatiques, ainsi que la diversité et la qualité des habitats naturels disponibles (définition de l'Insee)
  • Plus vaste écozone du globe terrestre, elle regroupe l’Europe, l’Asie du nord, l’Afrique du nord et une petite partie du Moyen-Orient.
  • relatifs aux marais
  • Un peuplement forestier se caractérise par un mode de renouvellement des arbres (régénération naturelle ou artificielle), par un régime (futaie, taillis, taillis sous futaie), par la structure (âge des arbres) et par la répartition des différentes essences d’arbres.
  • Étude de l'évolution des phénomènes cycliques de la vie des plantes (germination, floraison...) et des animaux (migration, hibernation...) en fonction des variations climatiques.
  • durée quotidienne de la lumière du jour
  • Processus par lequel les plantes fabriquent des sucres et de l'oxygène à partir de la lumière et du CO2
  • végétaux communément appelés roseaux, genre de plantes herbacées de la famille des Poaceae
  • Un protocole expérimental désigne l'ensemble des étapes et des règles à respecter pour mener une expérience scientifique.
  • Action qui consiste à remettre le cours d’eau dans une configuration plus naturelle, en recréant ses anciens méandres ou en créant un nouveau tracé avec des profils variés
  • Linéaire d'arbres en bordures de cours d'eau
  • Combinaison de la probabilité d’une inondation et des conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique associées à une inondation.
  • Cours d’eau moyennement important, alimenté en eau par d’autres cours d’eau (affluents) et confluant avec un cours d’eau de plus grande importance
  • Petit cours d'eau peu profond, au débit modéré
  • se dit d'un organisme qui réalise tout ou une partie de son cycle de vie dans le bois en décomposition, ou des produits de cette décomposition.
  • se dit d'organismes qui réalisent tout ou une partie de leur cycle de vie dans le bois en décomposition, ou des produits de cette décomposition.
  • processus selon lequel des particules de matières se déposent en couches
  • ensemble de particules en suspension dans l'eau, l'atmosphère ou la glace, qui a finit par se déposer sous l'effet de la pesanteur souvent en couches ou strates successives
  • groupes d'espèces
  • méthodes limitant le travail du sol
  • micro-formes en buttes ou en mottes plus ou moins arrondies, de 40 centimètres à plus d'un mètre de haut
  • trouble, mêlé de particules en suspension rendant la matière opaque
  • Capacité d'une entreprise à générer de la richesse par son cycle de production
  • millième de millimètre

La Loire n'est pas épargnée

Selon la fondation Tara Océan, près de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans,  l’équivalent d’un camion-benne chaque minute. Plus frappant encore : 80 % de ces déchets proviennent de la terre, transportés notamment par les fleuves. Une vaste étude menée en 2019 sur neuf grands fleuves européens a confirmé que ces cours d’eau alimentent en continu la pollution marine. Bien que la Loire n’ait pas été incluse dans cette campagne, tout indique qu’elle suit la même tendance.

Les chiffres avancés par le professeur Mohammed Boussafir, de l’Université de Tours, sont éloquents : 2 550 particules de microplastiques circulent chaque seconde dans la Loire. Ce calcul repose sur une concentration moyenne de 3 particules par mètre cube, combinée au débit du fleuve (environ 850 m³/s). Une concentration qui peut sembler faible… mais qui, rapportée aux volumes colossaux d’eau transportés, devient considérable.

À ces pollutions plastiques s’ajoute une pollution plus discrète mais tout aussi préoccupante : celle des micropolluants issus de nos activités quotidiennes. Résidus de médicaments, pesticides, cosmétiques, microplastiques… Ces substances, présentes en très faibles quantités, sont aujourd’hui largement répandues dans les milieux aquatiques. Souvent invisibles, elles posent pourtant des enjeux majeurs : impact sur la biodiversité, perturbations des équilibres écologiques, risques potentiels pour la santé humaine.

Face à cette complexité, un défi s’impose : rendre visible l’invisible.

Micro-pollutions, des conséquences majeures

Des microplastiques dans la chaîne alimentaire

Les microplastiques sont des fragments de plastique de moins de 5 millimètres. Ils se divisent en deux catégories :

  • Microplastiques primaires : directement issus de l’industrie (granulés plastiques, microbilles dans les cosmétiques, fibres textiles synthétiques). 
  • Microplastiques secondaires : résultant de la fragmentation des déchets plastiques (bouteilles, sacs, emballages). 

Les plus petits, invisibles à l’œil nu, posent un problème majeur : ils s’intègrent aux écosystèmes aquatiques en se fixant sur le plancton et les bactéries, entrant ainsi dans la chaîne alimentaire jusqu’à l’être humain.

À cela s’ajoute un autre danger : les plastiques contiennent de nombreux additifs chimiques (phtalates, composés bromés, chlorés…), souvent reconnus comme perturbateurs endocriniens, qui se libèrent dans l’environnement.

Des sources multiples liées aux activités humaines

La présence de microplastiques dans la Loire est directement liée à nos modes de vie. Parmi les principales sources :

  • les eaux usées domestiques (fibres textiles issues du lavage), 
  • les rejets industriels (granulés plastiques), 
  • les produits du quotidien (cosmétiques, dentifrices), 
  • l’agriculture (boues d’épuration, engrais enrobés), 
  • la dégradation des déchets abandonnés dans la nature. 

Transportés par le vent, la pluie et les réseaux d’assainissement, ils finissent inévitablement dans les cours d’eau.

La pollution des fleuves ne se limite plus aux microplastiques. Aujourd’hui, scientifiques et gestionnaires de l’eau s’inquiètent des micropolluants, ces substances invisibles mais omniprésentes qui contaminent durablement les milieux aquatiques. Dans la Loire, comme dans tous les grands fleuves européens, cette pollution diffuse s’ajoute à celle des microplastiques.

Les micropolluants, un effet cocktail encore méconnu

Les micropolluants regroupent un ensemble très large de substances chimiques présentes dans l’environnement à très faible concentration, mais dont les effets peuvent être significatifs sur le long terme.

Leur impact ne dépend pas uniquement de leur concentration individuelle. Il est aussi lié à ce qu’on appelle l’effet cocktail : lorsque plusieurs substances sont présentes simultanément, elles peuvent interagir entre elles et produire des effets combinés, parfois plus importants ou différents de ceux observés pour chaque substance prise séparément.

Ainsi, même à très faible dose, l’exposition répétée et combinée à ces micropolluants peut entraîner des perturbations sur l'être humain, la faune, la flore et les équilibres des milieux aquatiques, d’où l’importance de mieux les comprendre pour mieux les prévenir.

D’où viennent ces particules ?

Cette pollution est, elle aussi, directement liée aux activités humaines du quotidien. Elle provient notamment : 

  • des eaux usées domestiques (médicaments, cosmétiques)
  • des activités agricoles (pesticides, engrais)
  • des rejets industriels (hydrocarbures, solvants)
  • de l’usure des matériaux (textiles synthétiques, pneus)
  • de la dégradation des plastiques dans l’environnement (phtalates, retardateurs de flamme). 

Contrairement à certaines pollutions visibles, ces composés passent souvent inaperçus, car ils sont dissous dans l’eau ou présents sous forme de particules microscopiques. Transportés par les réseaux d’assainissement, les pluies ou le ruissellement, ils finissent dans les rivières, puis dans les fleuves comme la Loire.

Un programme de recherche pour comprendre et agir

Face au manque de données précises, le professeur Mohammed Boussafir, de l’Université de Tours, pilote une étude de grande ampleur : le programme CASTLE. Menée sur trois ans, cette recherche vise à :

  • dresser un état des lieux précis de la pollution
  • identifier les sources de micropolluants et microplastiques
  • analyser l’influence des activités humaines et des saisons 
  • comprendre la circulation de ces substances dans le fleuve. 

L’objectif est clair : mieux connaître pour mieux agir. 

La LuxBox réalisé par l'équipe du GéHCO, UT Tours © M.Boussafir UT Tours
La LuxBox réalisé par l'équipe du GéHCO, UT Tours © M.Boussafir UT Tours

Cette machine permet de reproduire in vitro la dégradation environnementale des polymères plastiques par hydrolyse et photolyse en se rapprochant le plus possible des conditions naturelles. Les produits de dégradation gazeux et solubles seront quantifiés. Le but est d’évaluer le plus précisément possible leur participation à l’effet de serre des gaz produits et l’apport en contamination des eaux par des molécules organiques hydrosolubles polluantes comme les Phtalates et les produits chlorés tout deux considérés depuis plusieurs années comme des perturbateurs endocriniens.

Les Maisons de Loire engagées pour sensibiliser les territoires

Pour répondre à ces enjeux, les structures du réseau des Maisons de Loire déploient un programme coordonné à l’échelle régionale. L’objectif est clair : essaimer largement les connaissances et favoriser une prise de conscience collective.

Partout en Centre-Val de Loire, des actions vont être proposées auprès :

  • des élu·es et décisionnaires, pour accompagner les politiques publiques
  • des technicien·nes, pour renforcer les connaissances et les pratiques
  • du grand public, pour encourager des changements de comportement
  • des collégien·nes, des lycéen·nes et jeunes publics, pour former les citoyen·nes de demain.

Une pédagogie de l’eau accessible et positive

Le réseau mise sur une approche pédagogique innovante, fondée sur plusieurs principes : ludique, pour capter l’attention et faciliter la compréhension, accessible, pour toucher tous les publics, ancrée dans les territoires, positive, pour donner envie d’agir.

Les ateliers permettent notamment de :

  • comprendre le fonctionnement du bassin versant,
  • identifier les sources de pollution liées aux activités humaines,
  • découvrir les impacts des micropolluants,
  • relier les gestes du quotidien à la qualité de l’eau.

S’acculturer pour mieux agir

Au-delà de la transmission de connaissances, l’ambition est plus large : permettre à chacun de s’approprier les enjeux de l’eau pour contribuer à une prise de conscience collective et participer à un changement de comportement vis-à-vis de la ressource en eau. Car disposer d’une eau de qualité, en quantité suffisante, est un enjeu fondamental pour : la préservation des milieux naturels, la santé des écosystèmes, les usages humains, l’adaptation au changement climatique.

En développant une culture commune autour de l’eau, le réseau des Maisons de Loire souhaite encourager une dynamique collective, où chacun peut agir à son échelle.

Une dynamique collective en marche

À travers cette action commune, les Maisons de Loire affirment leur rôle de passeurs de connaissances et d’acteurs de terrain. En rendant visible l’invisible et en rapprochant science et citoyens, elles participent à une transformation essentielle : faire de la préservation de l’eau une responsabilité partagée.