[Témoignage]  Marie-Claire Laborey Imbert, participante à une sortie botanique
  • basiques, le contraire d'acides
  • coléoptères ravageurs des crucifères (colza, choux).
  • En biologie, ensemble de la matière organique d'origine végétale, animale, bactérienne ou fongique.
  • sur des sols calcaires
  • Arrêt du remplissage du grain de blé lors de sa phase de maturation à cause de trop grandes chaleurs (canicule). Cela a pour effet de diminuer le poids du grain et donc le rendement.
  • étude scientifique du comportement animal principalement en milieu naturel
  • épanchements de liquide organique
  • Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) sur le sol, regroupant les ministères de l’agriculture et de l’environnement, l’OFB, l’INRAE, l’IGN, le BRGM, l’ADEME et l’IRD a pour mission de compiler et traiter les informations sur les sols relative à leur inventaire, leur conservation, leur analyse et leur qualité.
  • qui mangent la lignine, principal composant du bois avec la cellulose et l'hémicellulose
  • feuilles mortes, aiguilles, branches, fruits, mousses que composent les premiers centimètres sur le sol
  • relatifs aux marais
  • groupes d'espèces
  • méthodes limitant le travail du sol
  • Capacité d'une entreprise à générer de la richesse par son cycle de production

De quelle sortie souhaitez-vous nous parler ? 

Je me suis rendue à la sortie botanique du 18 Septembre 2021 en solo, après inscription au préalable auprès de Rémi Dupré du Conservatoire botanique national du Bassin parisien. Elle s’est tenue dans le Perche, à la Ferté Vidame sur le site de la forêt humide des Mousseuses (espace naturel protégé). Ce site humide boisé, s’étendant sur une dizaine d’hectares, est préservé, car il est le lieu de vie de nombreuses espèces végétales et animales. On peut y découvrir plusieurs espèces floristiques remarquables dont certaines sont protégées.

Sortie mousseuse - Emmanuel Douillard
Sortie mousseuse - Emmanuel Douillard

Comment aviez-vous trouvé l’idée, les informations sur cette sortie ?

Ayant déjà participé à plusieurs sorties botaniques avec l’équipe de l’Observatoire régional de la biodiversité, j’ai reçu un courriel de Rémi Dupré, botaniste du Conservatoire et animateur du pôle Flore et habitats de l’Observatoire, qui m’en informait.

En quoi est-ce important pour vous de faire une sortie accompagnée ?

Cela me permet de voir de près sur le terrain des plantes dont j’ai entendu parler ou que j’ai découvertes dans les livres de botanique. C’est un privilège de pouvoir prospecter sur le terrain avec des botanistes avertis tel que Rémi Dupré et aussi parfois Pierre Boudier qui, à lui tout seul, est une véritable encyclopédie botanique ambulante ! Les naturalistes amateurs ont tendance à employer les noms vernaculaires des plantes. Or, en employant le nom scientifique latin pour déterminer telle ou telle plante, les botanistes savent alors tous de quoi ils parlent.

Sur le terrain, lors d’une sortie accompagnée, nous devons nous forcer à acquérir une certaine discipline en botanique et surtout comprendre la rigueur à adopter en mémorisant le nom latin. Les botanistes répondent à toutes les questions et restent humbles : s’ils ont un doute sur une identification, ils le disent franchement. Une observation ultérieure au microscope d’échantillons prélevés leur apportera la bonne réponse, qu’ils nous transmettent ensuite.

Les botanistes répondent à toutes les questions et restent humbles : s’ils ont un doute sur une identification, ils le disent franchement.

Qu’en attendiez-vous ?

J’avais plusieurs attentes :

  • approfondir mes connaissances de botaniste amateur, 
  • découvrir les mystères que recèle cette nature sauvage, 
  • emprunter les sentiers et des passerelles sur pilotis qui mènent à ce lieu merveilleux, 
  • observer de près les Boulaies à sphaignes, habitat rare et sensible,
  • découvrir les plantes emblématiques de ces lieux humides, les mares oligotrophes et acides où les organismes qui y évoluent ont su développer des stratégies originales afin de survivre.

Tout cela nous donne l’illusion de nous retrouver au cœur d’une forêt primitive… Et une fois rentrée chez soi, l’envie d’essayer d’approfondir le sujet (livres, documentations naturalistes, sites internet) pour un enrichissement personnel est très fort.

Qu'avez-vous appris ?

[...] une sphaigne est composée d'une tige dont la structure permet le transport de l'eau par capillarité jusqu'au capitule formé d’une agglomération de rameaux recouverts de feuilles.

Entre autres, pas mal de chose sur les sphaignes ! D’abord leur structure : une sphaigne est composée d'une tige dont la structure permet le transport de l'eau par capillarité jusqu'au capitule formé d’une agglomération de rameaux recouverts de feuilles. C’est pourquoi une tige complètement desséchée, une fois trempée dans de l’eau, nous montre sa capacité rapide d’absorption : c’est surprenant de voir le reverdissement presque immédiat du capitule !

Sphagnum palustre - Rémi Dupré
Sphagnum palustre - Rémi Dupré

Ensuite, j’ai appris à mieux différencier les sphaignes en observant la forme de leurs feuilles et la couleur des capitules à la loupe. Enfin, on m’a révélé la cause du blanchissement de sphaignes à certains endroits : Tephrocybe sphagni, un petit champignon parasite.

J'ai pu aussi mettre un nom sur une mousse déjà observée sur le tronc des résineux morts et apprendre que c’était Nowellia curvifolia, une belle et discrète petite hépatique.
 

Tronc pourrissant de Pin sylvestre à Nowellia curvifolia - Pierre Boudier
Tronc pourrissant de Pin sylvestre à Nowellia curvifolia - Pierre Boudier

Pour finir, j’ai découvert l’existence d’une plante carnivore flottante, espèce du genre Utriculaire, dont les outres pièges munies d’un clapet sont sous l’eau.

Utricularia australis - Rémi Dupré
Utricularia australis - Rémi Dupré

Avez-vous changé de regard sur la biodiversité ?

Ce n’était pas nécessaire car la nature tient une place spéciale dans ma vie. J’ai toujours été passionnée depuis ma plus tendre enfance par les trésors floristiques et faunistiques qu'elle recèle. Très intéressée par la botanique, surtout par la flore sauvage et les plantes médicinales et comestibles, j’ai une bibliothèque qui s’est bien remplie au fil des ans. Le monde des bryophytes, des lichens et des fougères est passionnant et si mystérieux… J’ai toujours été fascinée par ces espèces qui sont des plantes primitives et je serai toujours aussi émerveillée d’aller à la rencontre de la biodiversité sur le terrain ou de faire de nouvelles découvertes.

Le monde des bryophytes, des lichens et des fougères est passionnant et si mystérieux…

Pouvez-vous nous raconter un moment marquant de la sortie ?

[...] je ne l’avais jamais vue flottante dans son milieu naturel, ni observé de près ses 2 types de feuilles et ses outres pièges.

Le moment le plus marquant fut surtout la découverte pour la première fois de l’utriculaire que je ne connaissais pas. J’avais déjà vu la photo de ses fleurs d‘un beau jaune dans un livre de botanique sur les plantes de zones humides, mais je ne l’avais jamais vue flottante dans son milieu naturel, ni observé de près ses 2 types de feuilles et ses outres pièges.

Que diriez-vous à un ami pour lui conseiller cette sortie ?

Je lui dirais que dans la région Centre Val de Loire, nous avons un large patrimoine de plantes sauvages indigènes et surtout la chance d’avoir des sites naturels protégés et accessibles à tous. Je lui conseillerais de se renseigner et de s’inscrire afin de participer à des sorties en compagnie de botanistes chevronnés ; qu’il apprendrait beaucoup sur le terrain, sérieusement et dans la bonne humeur !

Je lui promettrais qu’il aura le plaisir et le privilège de découvrir certains de ces sites emblématiques qui abritent des plantes rares ou protégées telles que la Gentiane pneumonanthe, le Piment Royal, des Droséras (Drosera rotundifolia et Drosera intermedia) en Sologne ; l’Osmonde Royale, la Grassette du Portugal, la Bruyère à 4 angles ou la Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium) en Eure et Loir… Que de trésors insoupçonnés !

Que de trésors insoupçonnés !