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Préserver une des plus grandes zones humides de Centre-Val de Loire | Parc naturel régional de la Brenne

Étangs de Brenne © Nicolas Van Ingen
Le mois des zones humides 2021 – des actions en région

Tout au long du mois de février, les zones humides sont à l'honneur ! L'occasion de faire découvrir les connaissances et actions en leur faveur.
 

L'ARB vous propose une série d'articles au fil de l’eau "des actions en région" à la rencontre de ce que font les membres de l'Agence. Aujourd'hui, découvrez l'action du Parc naturel régional de la Brenne (36).

 

Une grande partie du territoire du Parc naturel régional de la Brenne est classée site Ramsar, soit une zone humide reconnue d’importance mondiale. Afin de la sauvegarder et répondre aux enjeux liés à l’eau et à la biodiversité, le Parc et une dizaine d’acteurs mettent en œuvre une quarantaine d’actions ciblées.
 

La zone humide de la Brenne, reconnue site Ramsar depuis 1991, couvre 140 000 hectares. Avec plus de 3170 étangs recensés, la Brenne est un territoire d'eau, mais aussi de landes, de pelouses, de forêts et de bocages. Cette richesse d'habitats favorise le développement de la biodiversité et abrite une multitude d’espèces dont certaines menacées : amphibiens, libellules, oiseaux migrateurs y cohabitent avec la Cistude d’Europe, tortue aquatique emblématique du site.

 

 Une dynamique territoriale

Le Parc naturel régional de la Brenne (PNR de la Brenne) et huit autres maîtres d'ouvrage* ont signé un contrat territorial zone humide (CTZH) avec l'agence de l'eau Loire-Bretagne, la DREAL Centre et la Région Centre-Val de Loire. Véritable outil au service de la préservation de la Brenne, il permet, au-delà des financements mobilisés, de mettre en réseau des acteurs autour d’un objectif commun : préserver la zone humide Brenne. Ce contrat d'un montant de plus de 5 millions d'euros pour la période 2017-2021 est également financé par l’Europe via le programme de développement rural (FEADER).

L’année 2021 sera celle du bilan, l’occasion de réfléchir à une nouvelle dynamique territoriale afin de poursuivre les actions avec l’ensemble des acteurs.

*Chambre d’Agriculture de l’Indre, Biocentre, Fédération aquacole de la région Centre-Val de Loire (FAREC), Indre Nature, Réserve naturelle nationale de Chérine, Commune de Mézières-en-Brenne, Communauté de communes Cœur de Brenne, Syndicat intercommunal d’assainissement et de mise en valeur de la Brenne (SIAMVB).

Une quarantaine d’actions pour préserver la Brenne

Durant ces 5 années, près de 40 actions visant à contribuer au bon état écologique des zones humides du territoire du Parc sont mises en œuvre, telles que :

  • Travaux et aménagements sur les zones dégradées du réseau d'alimentation hydrique des étangs (Syndicat d'assainissement et de mise en valeur de la Brenne)

  • Travaux de restauration de la queue de l'étang de Bellebouche (commune de Mézières-en-Brenne) 
  • Optimisation des intrants en agriculture (Chambre d'Agriculture de l'Indre)
  • Suivis d’oiseaux hivernants et migrateurs (Indre nature)
  • Suivis d’oiseaux nicheurs sur végétation flottante (Réserve naturelle nationale de Chérine)
  • Plan global pour le bocage (Parc naturel régional de la Brenne) 

Un exemple d’action : la lutte contre la Jussie

Les espèces exotiques envahissantes sont la deuxième cause de disparition mondiale de la biodiversité. La Brenne est malheureusement confrontée à la prolifération de la Jussie. Cette espèce exotique envahissante, venue du Brésil a été introduite pour la première fois en 1820 au jardin des plantes de Montpellier. Elle était vendue en jardineries jusqu’en 2007 comme plante ornementale des bassins de jardins et est désormais interdite. Celle-ci a rapidement colonisé les rivières et les étangs et menace l'équilibre des milieux naturels de toute l’Europe.

La Jussie se développe de manière très rapide car elle peut se reproduire à partir d’un reste d’un centimètre de plant. En formant des herbiers denses, elle asphyxie l'eau, modifie son acidité, et entre en compétition avec la flore locale, notamment les plantes protégées comme la Caldésie à feuilles de Parnassie ou la Marcilée à quatre feuilles. La Caldésie à feuilles de Parnassie est une plante aquatique protégée, très rare. La Brenne constitue le plus important site français pour cette espèce. La Jussie menace sa survie.

Une brigade Espèces Exotiques Envahissantes

Une brigade « Espèces Exotiques Envahissantes » a été créée en octobre 2009 au sein du Parc, afin de venir en aide aux propriétaires d’étangs pour contrôler et limiter l’expansion des espèces invasives et ainsi réduire les impacts qu’elles engendrent sur la biodiversité. En 2019, dix sept plans d’eau touchés par la Jussie ont été suivis par la brigade Espèces Exotiques Envahissantes du Parc par la mise en place de chantiers d’arrachage manuel.

Chantier d'arrachage de Jussie ©PNR Brenne

 
Le PNR de la Brenne en bref

Le PNR de la Brenne, membre de l'Agence régionale de la biodiversité, vise à protéger et valoriser le patrimoine naturel, culturel et humain de son territoire en mettant en œuvre une politique innovante d’aménagement et de développement économique, social et culturel, respectueuse de l’environnement. Il est né le 22 décembre 1989, de la forte mobilisation des élus et acteurs locaux voulant réagir contre la dévitalisation de leur territoire, et désireux de mettre en place les conditions pérennes du développement local. Il est né aussi d’une prise de conscience, celle de la richesse et de la fragilité de son patrimoine, et de la nécessaire sauvegarde d’une zone humide d’importance internationale, classée Ramsar en 1991. Pour en savoir plus, consulter le site du Parc de la Brenne.

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