[Portrait] Manuella Vérité, animatrice nature Manuella VÉRITÉ
  • basiques, le contraire d'acides
  • coléoptères ravageurs des crucifères (colza, choux).
  • En biologie, ensemble de la matière organique d'origine végétale, animale, bactérienne ou fongique.
  • sur des sols calcaires
  • Arrêt du remplissage du grain de blé lors de sa phase de maturation à cause de trop grandes chaleurs (canicule). Cela a pour effet de diminuer le poids du grain et donc le rendement.
  • étude scientifique du comportement animal principalement en milieu naturel
  • épanchements de liquide organique
  • Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) sur le sol, regroupant les ministères de l’agriculture et de l’environnement, l’OFB, l’INRAE, l’IGN, le BRGM, l’ADEME et l’IRD a pour mission de compiler et traiter les informations sur les sols relative à leur inventaire, leur conservation, leur analyse et leur qualité.
  • qui mangent la lignine, principal composant du bois avec la cellulose et l'hémicellulose
  • feuilles mortes, aiguilles, branches, fruits, mousses que composent les premiers centimètres sur le sol
  • relatifs aux marais
  • groupes d'espèces
  • méthodes limitant le travail du sol
  • Capacité d'une entreprise à générer de la richesse par son cycle de production

En quelques mots, comment êtes-vous arrivée à ce métier d’animatrice nature ? Comment avez-vous vu naître votre goût de transmettre ?

Fille d’agriculteur, j’étais passionnée par les animaux ! Courir dans les champs, faire des bouquets de fleurs, manger les récoltes du jardin et du verger, élever les moutons, éduquer mes chats, mes chiens, capturer à l’épuisette les larves de libellules et les têtards de la mare, observer les papillons… Ma passion pour la nature est née, lors de mon enfance, de ces années de bonheur et d’insouciance à la campagne.

Souhaitant d’abord devenir vétérinaire, je me suis vite rendu compte que les longues études n’étaient pas faites pour moi !

Ma passion pour la nature est née, lors de mon enfance, de ces années de bonheur et d’insouciance à la campagne.

Après une seconde générale, j’ai suivi un enseignement en lycée agricole, Bac STAE, option : Aménagement paysagé (Fondettes 37). Après mûre réflexion, imaginer des jardins, créer des massifs de plantes domestiquées et sélectionnées, ou encore aménager des ronds-points ou des entrées de villages ne me convenait pas. J’’aspirais plus à partager et à transmettre ma passion pour la nature sauvage… la « vraie », aux petits comme aux grands. J’ai donc, ensuite, suivi un BTS Gestion Protection de la Nature, option : animation nature (Vendôme 41).

Mon diplôme en poche, je suis arrivée en poste au Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, dans le cadre des emplois jeunes à tout juste 20 ans. Ma carrière d’animatrice nature venait de débuter ! Cela fait maintenant 22 ans que j’exerce ce très beau métier et je ne m’en lasse toujours pas.

 

Suivez-vous une méthode d’animation particulière ? Que souhaitez-vous transmettre absolument à chaque animation ?

Je suis de l’école de Joseph CORNELL, éducateur nature américain. Sa démarche progressive, décrite dans ses ouvrages « Les joies de la nature » et « Vivre la nature avec les enfants », est pour moi la plus adaptée à la découverte de la nature et de l’environnement qui nous entoure.

Les animations demandent de la méthodologie : il faut qu’elles soient construites en amont. C’est pourquoi les besoins des publics, la préparation, la pédagogie et les approches utilisées sont, pour moi, encore plus importantes que la connaissance des milieux et des espèces, même si la rigueur scientifique et la connaissance naturaliste restent indispensables.
 

Il y a toujours quatre étapes à respecter dans la progression d’une animation : susciter l’enthousiasme, focaliser l’attention, provoquer une expérience directe et partager l’inspiration.

Les objectifs de savoirs, savoir-faire et savoir-être doivent être clairs, simples et atteignables. Il y a toujours quatre étapes à respecter dans la progression d’une animation : susciter l’enthousiasme, focaliser l’attention, provoquer une expérience directe et partager l’inspiration.

Il ne faut pas avoir envie, en tant qu’animateur nature, de transmettre absolument quelque chose. Chaque groupe, chaque public, chaque individu est unique et l’objectif principal doit être de créer un lien privilégié et agréable avec la nature lors de nos sorties.

Manuella VÉRITÉ
Manuella VÉRITÉ

Selon vos observations, quelles sont les attentes des publics ? Voyez-vous des changements de comportements ?

L’évolution de notre société reste inquiétante. Pour preuve, la crise sanitaire que nous sommes en train de vivre. Les mentalités n’évoluent pas aussi vite qu’il serait nécessaire : le changement climatique, la perte de biodiversité, même chez les espèces communes, des milieux naturels, les catastrophes naturelles, la pollution… sont des indicateurs qui n’incitent pas à être très positif pour l’avenir.

L’humanité vit toujours à crédit. Pour preuve, le « jour du dépassement » est intervenu 3 semaines plus tôt qu’en 2020. Nous consommons beaucoup plus que la Terre peut générer en un an. Même si une part de la population a pris conscience de l’urgence, il reste encore beaucoup de chemin à faire, pour vivre en harmonie avec notre planète !

Le public qui participe aux animations nature du Conservatoire est en général déjà assez sensible et à l’écoute de ces problématiques. Les participants veulent en savoir plus, découvrir les espèces locales, les milieux naturels et essaient, à leur niveau, de diminuer leur impact écologique dans leur vie quotidienne.

 

Même si une part de la population a pris conscience de l’urgence, il reste encore beaucoup de chemin à faire, pour vivre en harmonie avec notre planète !

Comment rendre vos publics acteurs ?

Les publics deviennent acteurs dès lors qu’ils participent à nos animations : ils découvrent, observent, apprennent selon la thématique abordée (les espèces protégées, les menaces qui pèsent sur elles et leurs milieux naturels, les moyens de gestion et de protection mis en place par notre association).

Pour devenir un éco-acteur, il faut d’abord connaître, pour ensuite protéger et agir en toute conscience.

Si cela les conduit à de « petites » actions quotidiennes, c'est déjà un grand pas, car chacune d'entre elles peut contribuer à changer les choses : parler davantage des problématiques environnementales, mais aussi apporter des solutions, à nos amis, notre famille, auprès de notre entourage… pour un effet boule de neige vertueux, ou encore soutenir, s’impliquer dans des associations de protection de la nature.

Pour devenir un éco-acteur, il faut d’abord connaître pour ensuite protéger et agir en toute conscience.

 

Avez-vous des lieux préférés pour y emmener des groupes ? Une saison favorite ?

Mes spécialités sont les amphibiens et les orchidées. Mes lieux préférés sont donc les milieux humides (mares, étangs, bords de Loire…) mais aussi les pelouses sèches sur sol calcaire où on les rencontre.

Ma saison favorite est donc, sans aucune hésitation, le printemps. C’est pour moi, la plus belle saison et la plus propice pour observer la nature s’éveiller et s’épanouir. Il est si bon de retrouver les chemins des sites naturels préservés du Conservatoire à la sortie de l’hiver : les oiseaux chantent, les migrateurs reviennent des pays chauds au fil des semaines pour s’installer chez nous quelques mois, les insectes réapparaissent, les reptiles et amphibiens sortent de leur cachette, les fleurs s’épanouissent…

 

C’est pour moi, la plus belle saison et la plus propice pour observer la nature s’éveiller et s’épanouir.

Gardez-vous en mémoire un souvenir marquant que vous souhaiteriez partager avec nous ?

Il y en a tellement…

Mes plus beaux souvenirs sont des rencontres avec toutes les personnes que j’ai pu croiser, tout au long de ma vie professionnelle mais aussi personnelle, ils m’ont tellement donné, apporté, transmis que je ne pourrais en faire la liste. Un grand merci à eux car ils ont participé à ce que je suis devenue aujourd’hui.

Je m’émerveille toujours devant la moindre petite bestiole, un chant d’oiseau, la forme d’une orchidée... Voire même devant une crotte déposée sur mon chemin !

Ensuite, les espèces plus ou moins rares que j’ai pu observer sont aussi de merveilleux moments. Je m’émerveille toujours devant la moindre petite bestiole, un chant d’oiseau, la forme d’une orchidée... Voire même devant une crotte déposée sur mon chemin !

Ma soif insatiable de connaissance et de rencontre n’est, heureusement, pas encore satisfaite… Il y a encore tant à voir, à apprendre et à découvrir dans notre belle région Centre-Val de Loire mais aussi ailleurs !

Mon métier, ma passion.

Manuella VÉRITÉ